L’idée de créer cette ASBL est née de nombreuses rencontres qui nous ont permis de découvrir comment la médiation pouvait venir compléter efficacement le tableau des outils de la résolution de conflits au sein de l’arrondissement judiciaire Hutois.
Dans un premier temps, c’est avec les magistrats du parquet de Huy et Monsieur Romijn, Procureur du Roi, que s’est élaboré un projet de service permettant, via la médiation, de combiner les intervenants réalisant des actions tant au niveau des victimes que des auteurs dans le cadre de la médiation Pénale. L’idée maîtresse est de permettre aux familles, utilisant la violence comme mode de communication, de mettre en place d’autres stratégies relationnelles préservant l’intégrité physique et psychologique de tous les membres de la famille.
Depuis le départ nous avons le souci de travailler en réseau et donc de rencontrer les personnes ressources qui gravitent autour des familles et des relations de voisinage.
Toutes ces rencontres ont permis d’établir l’intérêt du projet. Il ne restait plus qu’à lui donner une forme et un nom.
Hormis le fait qu’il est impératif d’avoir cette structure pour l’obtention de l’agrément nécessaire à la mise en œuvre de notre processus de médiation, cette forme juridique (Asbl) correspond aux critères d’admissibilité nécessaires à la demande de subsides régionaux, communautaires, provinciaux ou fédéraux.
Lorsque l’enfant paraît, il lui faut un nom. Comme pour tous les « parents », cette recherche a pris un certain temps. Nous avions envie d’un terme un peu généraliste cadrant avec un éventuel élargissement de nos activités et, évoluant dans un univers très structuré, collant avec les vocables les plus couramment utilisés.
Nous souhaitions un mot comprenant l’idée "d’entre- deux", "d’interface" mais avec la difficulté que le vocable "médiation" était déjà beaucoup utilisé. C’est ainsi que le nom: " Intermissions" a vu le jour.
Bien sûr, intervenir dans le cadre de la médiation pénale, c’est être présent à un moment bien particulier dans l’histoire des familles, moment qui peut être propice au développement de la médiation comme mode de reconstruction du lien. Mais n’oublions pas que dans le cas de la séparation du couple parental, par exemple, ou mise à l’écart d’un membre de la famille, il est impératif que la cellule puisse se reconstruire autour de nouvelles valeurs, de nouveaux rêves et de nouvelles règles. Nous ne voulons donc pas limiter nos possibilités d’intervention au seul cadre de la médiation pénale.
Toute crise est génératrice de changement et demande au système de s’adapter à de nouvelles contraintes.
Intermissions tend à aider les familles à redessiner l’architecture de leur relation en favorisant l’autonomie de ses membres, la responsabilisation et la création de normes propres respectant aussi bien les membres de la dite famille que les tiers éventuellement concernés. Il n’est donc en aucune manière question de faire rentrer les familles dans un moule standardisé.
Mais si la médiation pénale peut-être une porte d’entrée à un nouveau mode de résolution de conflits, il est probable que l’on puisse la proposer plus tôt. C’est partant de cette hypothèse que nous avons cherché à étendre notre réseau afin de pouvoir être disponible au plus tôt dans l’histoire relationnelle des familles. La commune d’Amay ainsi que la Zone de Police Meuse Hesbaye, nous ont accueillis et offert un berceau nous permettant d’être accessible à tous pour, au minimum, expliquer ce qu’est la médiation. Nous travaillons, dans ce cadre, de façon volontaire et il faut donc que tous les membres de la famille acceptent de découvrir cette autre manière de faire. Il arrive parfois que nous arrivions trop tôt dans l’histoire du conflit, l’idée de médiation est alors laissée à la réflexion et attend le jour où, peut-être, elle correspondra aux besoins des personnes